Dans la pénombre de sa chapelle, le visiteur découvre la modeste silhouette d’une Vierge à la fois mère et reine. C’est à elle que s’adressent les pèlerins depuis huit siècles. Cette statue en noyer du XIIème siècle est de couleur sombre (plus grise que noire), mais il n’en n’a pas été toujours ainsi : au moyen-âge, elle était entièrement recouverte de métaux précieux et de gemmes, comme l’est encore aujourd’hui la statue de sainte Foy à Conques. L’usure et les pillages l’en ont progressivement dépouillée, et, par manque de moyens, on dut se contenter de la revêtir d’étoffes. La raison de cette couleur foncée est difficile à établir. Des études récentes ont démontré qu’elle n’est due ni au vieillissement naturel du bois ni à un enduit protecteur ni au transfert de l’oxydation des revêtements métalliques ni à la combustion de cierges ou de lampes à huile. On ne sait toujours pas pourquoi elle a été noircie après avoir été polychrome. Sur le retable ancien auquel elle était était intégrée avant l’actuelle installation, qui ne date que de la fin du XIXème siècle, un verset du livre biblique du Cantique des cantiques canonisait en quelque sorte la mystérieuse patine de notre madone : “Nigra sum sed formosa “, “je suis noire mais belle”.

Au XXème siècle, les Litanies de la Vierge Noire du compositeur Francis Poulenc ont contribué à la faire connaître au monde entier.

Litanies à la Vierge Noire de Rocamadour