Le Château

La construction (XIIIe siècle)

Aujourd’hui résidence des chapelains, les remparts datant du XIVème siècle nous rappellent que le « château » faisait partie avant tout du système défensif de Rocamadour au Moyen Âge. Sa construction date vraisemblablement du XIIIème siècle.

Il s’agissait pendant la guerre de cent ans de protéger le Sanctuaire et la cité depuis le haut du plateau. Ces remparts relient les bords septentrionaux et méridionaux de l’éperon rocheux surplombant les églises et les maisons.

Une garnison habitait une « maison forte », plutôt qu’un « château ». Un fossé de huit mètres de large complétait ce système défensif. Un escalier secret, partant de la cour intérieure permettait aux soldats de regagner le Sanctuaire au plus vite, ou de s’échapper depuis leur salle de garde se trouvant dans le donjon, la tour nord adossée à l’abbatiale Saint-Sauveur.

La forteresse va encore servir pendant les guerres de religion si violentes, mais deviendra inutile à la Renaissance. Au XVIIème siècle, elle n’est plus entretenue et tombe en ruine.

La rénovation par l’abbé Caillau (XIXe siècle)

Pendant la révolution, le préfet du Lot, le baron Chaudruc de Crazannes, atteste en 1838 que le crénelage des remparts aurait été abattu par l’administration. Les sanctuaires abandonnés se dégradent.

Sur les conseils d’un ami, l’abbé Caillau, curé de Sainte-Geneviève à Paris, vient se reposer à Rocamadour. Très malade, il célèbre la messe dans la chapelle de Notre Dame et demande de l’aide à la Vierge noire. Miracle ! Il retrouve instantanément la santé. Pour remercier Notre-Dame de Rocamadour, il achète la forteresse, mise en vente aux enchères par la mairie, le 11 septembre 1836. Il souhaite la restaurer dans l’idée d’y installer sa congrégation, les Prêtres de la Miséricorde. A la suite d’une demande du ministre de l’instruction publique, il promet de ne pas toucher à l’enceinte du vieux fort. La maison d’habitation construite à l’intérieur ne doit pas dépasser les remparts du Moyen Âge et ne doit pas être vue de l’extérieur.

Avec l’agrément de l’Évêque de Cahors, Mgr de Hautpoul, l’abbé Caillau commence la construction. Les ruines de la maison forte lui servent de carrière.

Résidence des chapelains du Sanctuaire (XIXe et XXe siècles)

Les travaux sont achevés en 1841. Cette résidence permet d’organiser des retraites. Très ami avec le Père Pierre Bonhomme, curé de Gramat, les deux hommes relancent le pèlerinage.

Mgr Bardou, nouvel Évêque de Cahors, devient locataire du château et y loge des prêtres diocésains missionnaires.

Finalement, l’abbé Caillau vend le château et toutes ses dépendances au diocèse le 7 mai 1850.

En 1895, les chapelains décident de construire un beffroi avec une horloge sur la tour d’entrée côté nord, puis une citerne sous l’horloge l’année suivante.

Fin XIXème, sous l’épiscopat de Mgr Grimardias (1866 -1896), de nouvelles constructions de style moderne vont être ajoutées le long de la face orientale du rempart. Le centre d’accueil Notre Dame, ou relais du pèlerin, reçoit les pèlerins.

Lieu de vie du pèlerinage

Depuis, de nombreuses restaurations partielles se succèdent. Cela ne suffit plus pour assurer un accueil. Il convient de reprendre l’ensemble de la structure du  « château » pour lui permettre de traverser les siècles. Aujourd’hui, ce bâtiment est destiné à accueillir les prêtres, les bénévoles et aussi de petits groupes au service du Sanctuaire. Il est indispensable à la vie du pèlerinage.